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l-iris-noir

09/03/2010

extrait de l'iris noir

l'Iris Noir - Partie 1

Format poche 130 pages.

ISBN: 978-2-9535009-0-5

Couverture couleur réalisée par Eric Ferrier.

Référencé au Catalogue de la Bibliothèque Nationale de France.

Présentation

Si vous deviez vivre dans un monde parfait, comment serait-il ? Chacun de nous a son propre modèle, mais la réponse, elle, doit  être trouvée en commun. En 2222, les européens semblent avoir trouvé la solution à ce problème. Harbow est un jeune homme bien dans sa tête et dans le reste de son corps, bien sur sa planète... Entrez dans son monde...


 

Extrait

 

PROLOGUE

  

Adage Directionniste :


« Ces murs nous protègent. Ils nous protègent du péril. Le désastre nucléaire a été trop important. Nous les avons bâtis pour assurer aux générations qui les détruiront l'espoir de rebâtir un monde nouveau ! »

Une Aventure. Le récit d'hommes sur Terre. Ridicule planète, petit point dans l'univers. Au fond, qui sait ? Cependant la terre tourne inlassablement autour du soleil, s'en rapprochant avec une infinie lenteur aussi. Et l'ombre derrière grandit, toujours. A mesure que l'homme obstrue le ciel ou le perce, s'acharnant tout aussi inlassablement à s'autodétruire. Il habite sur Terre. Et il est condamné. Quand un homme marche vers la lumière, essayer de le protéger revient immanquablement à lui faire de l'ombre. Chacun son destin, et en définitive tous le même. Le soleil se couche. Radieux signe d'apaisement, un rayon d'obscurité aiguille son cheminement vers la source de cette lumière. Il esquive un mensonge, un sourire mais admet mal l'inéluctabilité du sort qui lui est réservé. Une vague fatalité, changeante, insaisissable. L'infinie lenteur avec laquelle nous nous rapprochons de la lumière. Et à mesure que grandissent nos parts d'ombre, nos chances de se cacher au sein d'une véritable obscurité s'amenuisent.

Planète Terre donc. An deux milles deux cent vingt deux. Europe. Premièrement territoire des vingt cinq nations, aujourd’hui plus de cinquante, dont la moitié avaient demandé leur rattachement lors des émeutes chinoises de l’an deux mille cent onze pour bénéficier d’une protection militaire. Le monde a bien changé et les frontières des pays dont nous parlons alors ne correspondent que très peu à celles que nous connaissons à ce jour. Si tout n’est pas robotisé, notre quotidien est entièrement organisé par une machine, bien qu’elle n’ait été dotée d’intelligence artificielle et fusse t'elle confondue avec une divinité. En tout cas nous n’avons pas encore vécu de guerre aux seins de nos remparts, et nous le lui devons, mais il devient en revanche de plus en plus difficile de trouver en Europe un espace vert digne de ce nom, disons un véritable espace ou survit un naturel écosystème. Et la majorité de la flore connue à notre époque a quasiment disparu. Malgré l’apparition de nouvelles énergies non polluantes, malgré la volonté de sauvegarder l’environnement, la surpopulation a engendré une croissance irréversible des villes et des métropoles qui désormais n’en forment presque plus qu’une, Europa. Les frontières d’Europa sont gardées par d’immenses remparts de béton armé de plus de cent mètres d’épaisseur et trois cent de hauteur. Europa couvre un espace qui semble former un ensemble géologique parfait, au centre de la terre, selon la vraisemblance des propos cités par les actifs de la direction. Accessible depuis trois océans, ceinturant la mer méditerranée. Et nul ne peut prétendre savoir ce qu’il se passe à l’extérieur. Ce qu’il s’y passe est largement pire que dans les ghettos, raconte t’on. Peuplé d’âmes errantes atteintes des maladies incurables dont Europa n’accuse toujours pas responsabilité. On le nomme le Désert de Désespérance. On y existe pour s’y détruire et les derniers hommes qui y survivent sont des évadés de prison ou des mercenaires. Dont la plupart meurent très vite. Le taux de mortalité y est le plus élevé de la planète, presque total et il représente la majorité des terres. Il est l’enfer. Mille légendes ont été écrites à son sujet, mille fresques, mille films, reportages, mille photographies, mille cartes empruntées à des temps reculés et tout ou presque fût compilé puis détruit par des émissaires Directionnistes prônant le repli sur le monde interne d'Europa, puisque si ce n'est quelques autres pôles mondiaux et cependant de tailles réduites, tout le reste n'était qu'un vaste désert chaotique. En effet de fréquentes navettes effectuent des liaisons vers l’extérieur, organisés par des sociétés publiques. Leurs destinations sont purement commerciales ou touristiques et ressemblent fortement à la grosse métropole, car gagnées par ce même dogme de la Constitution. A notre époque elles correspondent à divers territoires appelés Brasilia, Montréal, Lima, Reykjavik, Pékin, New Delhi - Calcutta, et constituent d’indispensables mannes de ressources tant de matières premières que de cerveaux géniaux destinés à faire progresser l’humanité… Et l’homme paraît s’être accommodé de ce monde où la réalité n’est pas virtuelle mais un enchaînement sans fin de bâtiments, maisons, immeubles, grattes-ciels, secteurs, quartiers, arrondissements, conurbations… Il semble même à s’y méprendre s’y repérer confortablement. Les efforts et l’argent placés dans la conquête de l’espace s’avérant prendre plus de temps qu’il ne se l’imaginait, l’homme du inévitablement se résoudre à construire partout ou le relief le permettait. La récente installation de villes marines telles Massilia, arrimée au rocher du château d'If ou Hiden au large de la botte italienne permirent aussi de ne pas trop attaquer quelques forêts alpines et continentales indispensables à l’équilibre écologique instable et fragile dont a tant besoin le climat qui nous est favorable. Mais ces forêts sont devenues des parcs pour citadins en mal de promenades en nature, balisés et dépourvus de tout charme. Si la majeure partie de la faune que nous connaissons aujourd’hui a disparu, il nous est facile de la représenter empaillée dans d’immenses musées d’histoire surnaturelle qui intéressent encore les enfants malgré leur intérêt certain pour ces robots miniatures de compagnie qui deviennent au fil du temps leurs seuls amis. Ne se demandant même pas si un animal était capable de reproduire des émotions ressenties par un robot !

Quatre vint dix neuf virgule neuf pour cent de la population européenne est déjà répertoriée, recensée et depuis plus de deux cent ans, Europa est gérée par DIRECTIV, un programme informatique qui asphyxie financièrement tous ceux qui voudraient se risquer à des projets personnels, non-publiques. La Direction détient la quasi-totalité des ressources de matières premières et des industries de conception, transformation, montage, publicité, mise en marché de tous les produits de toute la planète et ne connaît pas le chômage. Dirigé non pas par un seul homme mais par chacun de ses partisans, la direction semble être la voie à suivre pour les hommes du futur. Plus qu’une idéologie, ou une doctrine, un enchaînement de règles et de devoirs qui évolue non pas selon la volonté d’un seul homme ou d’un parti mais de la société elle-même. La constitution désigne l’ensemble des textes qui régissent le fonctionnement de cette société sur fond décisionnel informatique. Un pharaonique ordinateur, XXX, situé en plein ancien Massif Central mémorise, sélectionne, recoupe, isole, stocke, élimine, classe et affiche les millions d’informations qu’il emmagasine chaque seconde. Pensées, messages, paroles captés par branchements, il organise la vie politique, économique, sociale, commerciale et culturelle d’Europa selon la volonté de la majorité des membres qui y sont répertoriés et tout cela dans une parfaite cohésion. Il centralise et retransmet l’évolution sur tous les plans de la méga cité, et est capable de connaître et prévoir les moindres fluctuations de la vie des européens. Combien faudra t’il de policiers supplémentaires dans trois jours, combien de personnes effectueront leurs formations pour palier à ce problème, combien d’instituteurs vont devoir abandonner leur poste à cette occasion. A partir d’un simple texte et d’un complexe programme, la pure démonstration de « comment organiser parfaitement la vie de trois milliards d’êtres humains confinés . Il est leur souffle, le cœur de la cité. Un idéal à poursuivre et à défendre donc. Voyez comme se poursuit le cheminement de l’homme sur la planète. Se défendre consistant à être sur la défensive, le meilleur moyen de finir par attaquer et répondre à la moindre des provocations. Ceux qui ont choisi, de ne pas en faire parti sont morts ou vivent dans des déserts infinis d’immeubles délabrés, vestiges de bâtisses trop anciennes pour tenir encore debout, en bordure des gigantesques crématoriums de la direction ou bien dans des zones arides ou la terre n’a été que trop usée, souillée, appauvrie et abandonnée à jamais marquée de l’empreinte de l’homme. Les zones de ghetto connaissent le froid et un taux de mortalité tellement élevé qu’il est difficile de lui prédire un avenir. A terme, aucun. Pourtant, intéressons-nous à ce ghetto et à un personnage qui l’habite, à son récit…

 

Harbow est à la gare et il pense...

 

 Disponible par internet depuis le 29 juin 2009 sur www.artsgora.fr